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Poemas inéditos de Christophe Sanchez
traducidos del francés por Miguel Ángel Real

domingo 12 de octubre de 2025
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Christophe Sanchez

Christophe Sanchez (1969) es cofundador de la revista gráfica y literaria La Piscine. Escribe desde 2006 en su blog Fut-il. Ha publicado Rats taupiers (Éditions des Vanneaux, 2016), Morning à la fenêtre (Tarmac Éditions, 2016), Sept variations sur le même thème (La Centaurée, 2017; reeditado en 2023), L’instant à côté (Éditions du Cygne, 2018), Les Gens (Tarmac Éditions, 2018), La ligne sous l’œil (Éditions Gros Textes, 2020), Les heures creusent (Éditions du Cygne, 2021) y La femme au balcon (Tarmac Éditions, 2024).

 


 

Je ne sais même pas
qui je suis. Alors,
penser — bien ou mal,
comment savoir ?

Une boule de poussière,
à l’origine de la question,
roule sous le lit, poussée
par le courant d’air
de mon esprit.

Et tout s’emballe.

Je ne sais même pas
qui je suis. Alors...

Ni siquiera sé
quién soy. Así que
pensar —bien o mal,
¿cómo saber?

Una bola de polvo,
al origen de la pregunta,
rueda bajo la cama, empujada
por la corriente de aire
de mi mente.

Y todo se acelera.

Ni siquiera sé
quién soy. Así que...

 


 

La place donne la note du jour,
assise là sous les grands platanes.

Elle dote la ville d’une portée,
d’une double-croche de paix à saisir.

J’y lis Woolf dans son flux de conscience,
saute entre ses sons de cloches

et ceux de l’église toute proche
— je vais avec le temps, Virginia.

La plaza marca el tono del día,
sentada ahí bajo los altos plátanos.

Dota a la ciudad de un pentagrama,
de una semicorchea de paz que aprovechar.

Leo a Woolf en su corriente de conciencia,
salto entre sus campanadas

y las de la iglesia cercana
—voy con el tiempo, Virginia.

 


 

C’est l’instant attendu :
par la fenêtre viennent
quelques fragments de ciel.

Les sœurs Lumière et Ombre
ferraillent sans rien déranger,
tout en accueil d’autres présences.

La nuit peut venir, elle a son lit.

Es el instante esperado:
por la ventana llegan
algunos fragmentos de cielo.

Las hermanas Luz y Sombra
se pelean sin molestar a nadie,
mientras acogen a otras presencias.

La noche puede venir, tiene su lecho.

 


 

Et c’était mordre la neige,
cette sensation dans le ventre.

Un regard, puis le vide autour,
une plaine où l’on perd la voix,

tant le froid envahissait la parole,
déréglait les sens, quand tu es partie.

Y era morder la nieve,
esa sensación en el vientre.

Una mirada, y luego el vacío en torno,
una llanura donde uno pierde la voz,

así invadía el frío la palabra,
así desbarataba los sentidos, cuando te fuiste.

Miguel Ángel Real
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